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Titulaire d'un DEA de sciences criminelles et d'un DESS police, j'exerce au Parquet de Nice en qualité d'assistant de justice pendant deux ans avant de rejoindre l'avocature. Actuellement Secrétaire de la Conférence du Barreau de Nice, je fus représentant des jeunes avocats au Conseil de l'Ordre, et ancien Vice Président de l'Union des Jeunes Avocats.  

Passionné de droit, de littérature et de musique, je parsèmerai ce blog de temps à autre de textes relatifs à des affaires, de billets d'humeurs, ou de recherches juridiques.

Bonne lecture.  

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Rhétorique

Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /2009 01:12
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VIRGILE



Les ouvrages de Virgile sont à la portée d'un plus grand nombre de lecteurs que ceux d'Homère, parce qu'il est beaucoup plus commun de savoir le latin que de savoir le grec.

Virgile, en original, a été de bonne heure entre les mains de quiconque a fait des études.

Ce qui frappe le plus, en passant de la lecture d'Homère à celle de Virgile, c'est l'espèce de culte que le poète latin a voué au Grec.

Quand on ne nous aurait pas appris que Virgile était adorateur d'Homère, au point qu'on l'appelait l'Homérique, il suffirait de le lire pour en être convaincu. il le suit pas à pas.

Rappelons nous ce que disait Virgile lui même:

« il est moins difficile de prendre à Hercule sa massue que de dérober un vers à Homère. »


Le premier défaut que l'on peut remarquer dans l'Enéide, c'est le caractère du héros; et c'est ici que l'on voit combien Lamotte et ses consorts se trompaient lorsqu'ils reprochaient à Homère les imperfections morales de son héros, et comme Aristote en savait davantage quand il a marqué ces mêmes caractères imparfaits en morale, comme les meilleurs en poésie.

Assurément il n'y a pas le plus petit reproche à faire à Enée, il est pieux, absolument irrépréhensible, mais aussi, n'étant jamais passionné, il ne s'échauffe jamais, et la froideur de son caractère se répand sur sur tout le poème.

Concluons donc que le grand principe d'Aristote a été pleinement confirmé par l'expérience, puisque les deux héros de l'épopée qui aient paru les mieux concus et les mieux choisis par les Anciens, sont l'Achille de l'Iliade et le Renaud de Jérusalem.

Ce dernier est même en partie modelé sur l'autre. il est aussi brillant, aussi impétueux.

A l'égard des batailles, Virgile a abrégé et resserré celles d'Homère, qu'il a traduit presque partout. Il y a moins de diffusion, mais surtout, il y a moins de feu.

Mais le désavantage tient à la grandeur du sujet. La guerre de Troie était un si grand événement dans l'histoire du monde que tous ceux qui s'y sont distingués occupent une place dans la mémoire des hommes.

Pourtant, dès le septième livre, Virgile nous entraîne dans un monde nouveau, et nous montre des personnages absolument ignorés. Virgile, en voulant célébrer l'origine de Rome, comme il l'annonce dans les premiers vers, s'est obligé à s'enfoncer dans les antiquités de l'Italie, aussi obscures que celles de la Grèce étaient célèbres.

Malgré ces défauts, le talent d'écriture de Virgile suffit pour justifier le titre de prince des poètes latins, qu'il reçut de son siècle.

Le second, quatrième et sixième livre sont trois grands morceaux regardés universellement comme les plus finis, complètement beaux que l'épopée ait produit chez aucune nation. Celui de Didon en particulier appartient entièrement à l'auteur. Il n'y en avait point de modèle, et c'est en ce genre un morceau unique dans toute l'Antiquité.

Ces trois Livres, l'épisode de Nisus et Euryale, celui de Cacus, celui des funérailles de Pallas, celui du bouclier d'Enée, sont les chef d'oeuvre de l'art de peindre et d'intéresser en vers.

Ce qui fait en total le caractère de Virgile, c'est la perfection continue du style, qui est telle chez lui qu'il ne semble pas donné à l'homme d'aller plus loin.

S'il n'a pas égalé Homère pour l'invention, la richesse et l'ensemble, il l'a surpassé par la singulière beauté de quelques parties, et par son excellent goût dans tous les détails.


LUCAIN



Lucain a beaucoup de défauts qu'il partage avec les auteurs oubliés, mais ils n'ont aucune de ses beautés;

La Pharsale n'est pas un poème épique, c'est une histoire en vers, mais, avec un talent porté par l'élévation, l'auteur a semé son ouvrage de traits de force et de grandeur qui l'ont sauvé de l'oubli.

Tâchons de rendre cette vérité sensible, voyons dans un morceau fidèlement rendu comment Lucain décrit et raconte.

Que le vice essentiel de Lucain soit de passer la mesure en tout, il ne faut pas croire pourtant qu'il la passe toujours au même degré. Il a des morceaux où les beautés l'emportent beaucoup sur les défauts, surtout dans la peinture des caractères.

Tel est par exemple, l'éloge funèbre de Pompée, prononcé par Caton (superbe comparaison des caractères de César et Pompée):


Pompée avec chagrin voit ses travaux passés
Par de plus grands exploits tout près d'être effacés
Par dix ans de combats la Gaule assujettie
Semble faire oublier le vainqueur de l'Asie.

Et des Braves gaulois le hardi conquérant
Pour la seconde place est désormais trop grand
De leurs prétentions la guerre enfin va naître
L'un ne veut point d'égal, et l'autre point de maître

Le fer doit décider, et ces rivaux fameux
D'un suffrage imposant s'autorisent tous deux
Les dieux sont pour César, mais Caton suit Pompée
L'un contre l'autre enclin à tirer l'épée,

Dans le champs des combats ils n'entraient pas égaux
Pompée oublia trop la guerre et les travaux
La voix de ses flatteurs endormit sa vieillesse,
De la faveur publique il savoura l'ivresse

Et livré tout entier aux vains amusements,
Aux jeux de son théâtre, aux applaudissements,
Il n'a plus les élans de cette ardeur guerrière,
Ce besoin d'ajouter à sa gloire première;

Et fier de son pouvoir, sans crainte et sans soupçon,
Il vieillit en repos, à l'ombre d'un grand nom
Tel un vieux chêne ornée de dons et de guirlandes,
Et du peuple et des chefs étalant les offrandes,

Miné dans sa racine et par les ans flétri
Tient encore par sa masse au sol qui l'a nourri.
Ses longs rameaux noircis s'étendent sans feuillages;
Mais son tronc dépouillé répand un vaste ombrage.

D'une forêt pompeuse il s'élève entouré;
Mais seul, prêt de sa chute, il est encore sacré.
César a plus qu'un nom, plus que sa renommée;
Il n'est point de repos pour cette âme enflammée.

Attaquer et combattre, et vaincre et se venger,
Oser tout, ne rien craindre et ne rien ménager,
Tel est César, ardent, terrible, infatigable,
De gloire et de succès toujours insatiable,

Rien ne remplit ses voeux, ne borne son essor;
Plus il obtient des Dieux, plus il demande encore.
L'obstacle et le danger plaisent à son courage,
Et c'est par des débris qu'il marque son passage.

Tel, échappé du sein d'un nuage brûlant,
S'élance avec l'éclair un foudre étincellant:
De sa clarté rapide il éblouit la vue;
il fait des vastes cieux retentir l'étendue;

Frappe le voyageur par l'effroi renversé,
Embrase les autels du Dieu qui l'a lancé,
De la destruction laisse partout la trace,
Et, rassemblant ses feux, remonte dans l'espace.



Quitilien range Lucain parmi les orateurs plutôt que les poètes. c'est faire léloge de ses discours, et en effet, il est nettement supérieur dans cette partie.

Il est simple qu'un Républicain comme Lucain ne puisse pardonner à César la fondation d'un empire dont avait hérité Néron.

Le Sénat consentait à flatter l'orgueil de Pompée, qui voulait être le premier de l'état, et condamnait en même temps la fierté de César, qui refusait d'être le second.

Il est difficile de faire la balance entre les deux, afin de les contenir l'un par l'autre: la faire pencher absolument d'un côté, c'est rendre la rupture inévitable, et nécessiter une guerre qui devait finir, comme Cicéron devait lui même l'avouer dans ses lettres, par donner un Maître à Rome.


Section III: APPENDICE SUR HESIODE, OVIDE, LUCRECE ET MANILIUS;



Pour compléter ce qui concerne les différents genres de poèmes anciens, il faut dire un mot des poèmes mythologiques, didactiques et philosophiques d'Hésiode, d'Ovide, de Lucrèce et de Manilius.

On ne s'accorde pas sur le temps où vivait Hésiode, certains le font contemporain d'Homère, les autres le placent cent ans après.
Tous deux doivent être regardés comme les pères de la mythologie.

L'Antiquité ne nous a transmis que deux poèmes d'Hésiode; tous deux assez courts:l'un intitulé les Travaux et les jours, l'autre la Théogonie ou la naissance des Dieux.

Le premier contient des préceptes sur l'agriculture, et a donné à Virgile l'idée de ses Georgiques. On pourrait rapprocher la Théogonie des Métamorphoses d'Ovide, si l'ouvrage de ce dernier n'était pas si supérieur à celui d'Hésiode.

Sa réputation balança un moment celle d'Homère, pour être par la suite effacée de plus en plus à mesure que le goût fit des progrès.

Il n'est cependant pas vrai comme quelques uns l'ont écrit, qu'il ait vaincu Homère dans une joute poétique aux funérailles d'Amphidamas.

Dans les Travaux et les jours, il dresse une allégorie de Pandore puis vient une description des différents âges du monde, qu'Ovide a imité dans les métamorphoses,mais l'auteur Grec en compte cinq au lieu de quatre. comme on les compte d'ordinaire:

-l'âge d'or
-l'âge d'argent
-l'âge d'airain
-celui des demi dieux et des héros, que l'on nomme les temps héroîques
-l'âge de fer

L'âge de fer est celui durant lequel l'auteur écrit, et il y a longtemps qu'il dure.

Il n'y a que Voltaire qui ait dit du sien:

Ah! le bon temps que ce siècle de fer!


Encore était ce dans un accès de gaieté, car ailleurs il appelle le XVIII l'égout des siècles.

Après ce début mythologique, Hésiode commence un cours de morale qu'il adresse à son frère Persée, avec qui il avait eu un procès pour la succession de leur père. Il est suivi par des préceptes de cultures, entremélés encore de leçon de sagesse.

Le morceau par lequel il termine son poème nous apprend qu'il faut se marier le 4 du mois, que l'on peut tondre se moutons les 11 et le 12, mais que le 12 est infiniment préférable, que le dixième jour est favorable à la procréation des mâles, le quatorzième à celle des femelles, et beaucoup d'autres choses de cette force, ou même d'une sorte de ridicule que l'on ne saurait citer. C'était sans doute les rêveries de son temps comme du notre. Mais Homère n'en a pas fait usage.

La première moitié de la Théogonie n'est presque qu'une nomenclature continuelle de Dieux et de déesses de tout rang et de toute espèce. Le poète, dont la diction est en général douce et harmonieuse, prend tout à coup, vers la fin de son ouvrage, un ton infiniment plus élevé pour chanter la guerre des dieux contre les géants, tradition fabuleuse dont il est le plus ancien auteur.

La peinture du Tartare, où les Titans sont précipités par la foudre de Jupiter, offre des traits de ressemblance avec l'enfer de Milton, si frappants qu'il est difficile de douter que l'un n'est servi de modèle à l'autre.

Ovide, auteur des Métamorphoses a été un des génies les plus heureusement nés pour la poésie.

Ovide a réussit, de tant d'histoires différentes, le plus souvent étrangères les unes aux autres, former un tout si bien suivi, si bien lié, tenir toujours dans sa main le fil imperceptible qui, sans se rompre jamais, vous guide dans ce dédale d'aventures merveilleuses.

Il décrit aussi bien les combats que les voluptés, les héros que les bergers, l'Olympe qu'un bocage, la caverne de l'envie que la cabane de Philémon.

Ses ornements, même quand il en a trop, ne lassent voir ni le travail ni l'effort, ce qui a fait dire à Sénèque:

il plait même dans ses défauts.

Les sujets que traite Lucrèce est austère; On sait que le poème sur la nature des choses n'est que la philosophie d'Epicure mise en vers. Si l'on peut donner ce nom de philosophie aux rêveries de l'atomisme et de l'athéisme réunies ensemble.

Lucrèce n'est guère poète que dans ses disgressions. L'énergie et la chaleur caractérisent son style, mais e y joignant la dureté et l'incorrection.

La description de la peste et elle des jouissances physiques de l'amour sont les deux morceaux les plus remarquables du poème de Lucrèce, aussi personne n'a mieux peint que lui ce qu'il y a dans la nature et de plus affreux et de plus doux;

Le commencemet de son ouvrage a été traduit en vers, au XVII, par le poète Hainault. Il y en a de bien fait, mais on sent qu'il serait impossible de faire tenir l'ouvrage entier dans une traduction en vers. On a tenté au XVIII, sans succès.

Il nous reste cinq chants du poème de l'Astronomie de Manilius, qui, écrivant sous Tibère, paraît déjà loin du siècle d'Auguste. La physique en est fort mauvaise, et la diction souvent dure, quoiqu'il ne manque point de force poétique.

S'il mérite d'être signalé, il n'en demeure pas moins que Virgile et Hésiode restent resteront dans l'histoire les poètes créateurs d'épopées seuls capables d'avoir pu rivaliser dans quelques passages avec ce que l'on a appelé:

Le style Homérique.

Prochain chapitre: de la Tragédie ancienne.
Par John Bastardi Daumont - Communauté : Vos articles nous intéresse !
Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /2009 23:31
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L'Odyssée a beaucoup moins occupé les critiques, et c'est déjà peut être un signe d'infériorité.

Longin et la plupart des critiques affirment avec raison que l'Odyssée est très inférieur à l'Iliade.

On ne voit dans l'Odyssée ni ces grands tableaux, ni ces grands caractères, ni ces scènes dramatiques, ni ces descriptions remplies de feu, ni cette éloquence de sentiment, ni cette force de passion, qui font de l'Iliade un tout plein d'âme et de vie.

Homère avait beaucoup voyagé et savait beaucoup. Ses connaissances géographiques étaient si exactes que des savants anglais qui des siècles plus tard ont voyagé dans ces contrées ont vérifié souvent de leurs recherches ce qu'il dit de la position des lieux.

L'Iliade et l'Odyssée sont remplies de fables, mais les unes élèvent et attachent l'imagination, les autres la dégoûtent et la révoltent. Les unes semblent faites pour les hommes les autres pour les enfants.

Ulysse et ses compagnons enfonçant un arbre dans l'oeil du Cyclope endormi, après qu'il ai mangé deux hommes tout crus, n'offre rien que du puéril, comparativement aux exploits d'Achille.

La marche de l'Odyssée est languissante. Le poème se traîne d'aventures en aventures sans former un noeud qui attache l'attention.

La situation de Pénélope et Télémaque est la même pendant vingt quatre chants. Ce sont de la part des poursuivants toujours les mêmes outrages, dans les palais toujours les mêmes festins, et la mère et le fils forment toujours les mêmes plaintes.


Ulysse est dans Ithaque dès le douzième chant de l'Odyssée, et jusqu'au moment où il se fait reconnaître il ne se passe rien

Le héros est chez Eumée, déguisé en mendiant, il y reste longtemps sans rien faire et sans que l'action avance d'un pas. L'auteur, il est vrai, a eu l'adresse d'ennoblir ce déguisement en faisant dire par un des poursuivants que souvent les Dieux, qui se revêtent à leur gré de toutes sortes de formes, prennent la figure d'étrangers dans les pays qui veulent visiter pour y être témoins de la justice qu'on y observe, ou des violences qu'on y commet.

On n'aime point à voir Ulysse couvert d'une besace aux portes de la salle à manger, dévorant avec avidité les restes qu'on lui envoie, un valet qui lui donne un coup de pied et le charge des plus grossières injures, un des poursuivants qui lui jette à la tête un pied de boeuf, un autre qui le frappe à l'épaule, un gueux, surnommé Irus, qui vient lui disputer la place qu'il occupe, et le grand Ulysse jetant son manteau et se battant à coups de poing avec ce misérable.

Il semble qu'à cette occasion Homère a outré les effets des contrastes et de toute mesure. Il fallait, sans doute, que le héros fut dans l'abaissement, mais pas dans l'abjection, qu'il fut méconnu, outragé, certes, pour lui permettre ensuite de se montrer avec plus d'éclat, mais il ne fallait pas le placer dans une situation indigne de l'épopée.

La descente d'Ulysse aux enfers est aussi mauvaise que celle d'Enée est admirable, et l'on peut dire ici: Gloire à l'imitateur (Virgile) qui a montré ce qu'il fallait faire.

Virgile a en effet montré bien plus de jugement en ne mettant en scène avec Enée que des personnages qui doivent l'intéresser. Il y a en revanche dans la multiplicité des récits d'Homère ni choix, ni dessein.

Mais il avait appris ces histoires dans les différents pays qu'il avait visité, et il voulait conter tout ce qu'il savait.

Ce jugement n'est pas un attentat à la gloire d'Homère, mais une preuve d'impartialité. Les beautés ne laissent pas insensibles dans l'Odyssée, mais sont fort en dessous de celles de l'Iliade.

Dans ce poème, non seulement il intéresse la curiosité, comme peintre de ces siècles reculés dont il ne reste point de monuments plus authentiques, plus précieux, plus instructifs que les siens, mais aussi par l'attrait que souvent il a su répandre sur les peintures des moeurs antiques, de la simplicité et de la bonté hospitalière, du respect des jeunes gens pour la vieillesse, si bien représenté dans la réserve et la modestie de Télémaque chez Nestor et chez Médélas.

On en peut dire autant de Pénélope, dont le caractère est nécessairement un peu passif dans tout le cours de l'ouvrage, comme l'exigeaient les moeurs de ce temps là, mais qui, à la reconnaissance prêt, ne dit et ne fait que ce qu'elle doit dire et faire.

Ulysse, quoique trop dégradé sous son déguisement, et trop longtemps dans l'inaction, ne lisse pas de produire une suspension et une attente du dénouement qu'il eût été à souhaiter que l'auteur rendit plus forte et plus vive. Le carnage des poursuivants est tracé avec des couleurs qui rappellent le peintre de l'Iliade.

Mais celle ci sera toujours la couronne d'Homère: c'est elle qui assure à son auteur le titre du plus beau génie poétique dont l'antiquité puisse se glorifier.
Par John Bastardi Daumont - Communauté : Vos articles nous intéresse !
Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /2009 05:41
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Tous les débats d'idées sont basés sur des raisonnements.

Il convient donc de les étudier de prêt afin tout d'abord de décrypter les raisonnements du contradicteur, et, pouvoir y répondre afin de remporter un débat.

Un raisonnement
est un ensemble organisé d'arguments, formulés sous la forme de propositions.


Qu'est-ce qu'une proposition ?


Une proposition est une assertion pouvant être affirmée ou niée.

- toutes les propositions sont des phrases, mais toutes les phrases ne sont pas des propositions.

- seules les phrases déclaratives sont des propositions. Ne sont pas des propositions les phrases :

·  interrogatives (où une question est posée) : "Quelqu'un pourrait-il me dire l'heure ?"
·  impératives (où un ordre est donné) :"Donne-moi l'heure !"
·  volitives (exprimant un souhait) : "J'aimerais bien savoir l'heure qu'il est."

Une proposition comprend trois parties :
- le terme sujet 
- le verbe liant (ou "copule")
- le terme prédicat.

Exemple:

Dans la proposition "Les politiciens sont des menteurs."

     "Les politiciens"  est le terme sujet, à propos de laquelle l'assertion est faite.
     "sont"  : verbe.
     "des menteurs" : terme prédicat, qui représente en fait l'assertion elle-même.


Quantité

 

"Les politiciens sont des menteurs." est une proposition qui manque de précision.

Il faudrait spécifier si "Tous les politiciens sont des menteurs." ou si "Quelques politiciens sont des menteurs.".

Tous
et quelques caractérisent l'aspect quantitatif de la proposition.

Les propositions concernant un ensemble sont universelles, elles  concernant une partie d'un ensemble sont particulières.


Qualité


Une proposition affirme ou nie quelque chose. Elle est donc soit affirmative ou négative.


1) "Tous les politiciens sont des menteurs."  est une proposition universelle affirmative
2) "Aucun politicien n'est un menteur."  est une proposition universelle négative
3) "Quelques politiciens sont des menteurs." est une proposition particulière affirmative
4) "Quelques politiciens ne sont pas des menteurs." est une proposition particulière négative

1) et 4) sont contradictoires
1) et 2) sont contraires
3) et 4) sont sous-contraires et subalternes (elles sont déduites d'autres propositions)


Règles


- Si une proposition est vraie, sa contradictoire doit être fausse.

- De deux propositions contraires, l'une doit être fausse si l'autre est vraie, mais les deux peuvent être fausses.

- Si une proposition universelle est vraie, alors la subalterne particulière qui en est déduite est également vraie.


Les différents types de propositions



Induction


Certaines propositions sont immédiates et intuitives, et se placent alors en dehors de toute logique. Une vérité intuitive ne requiert aucune preuve.

Ces propositions qui sont sous la coupe de l'observation directe sont prouvées par induction. Tout ce qui part d'une observation particulière, d'un exemple, est une induction. On passera, à l'aide de l'induction, du particulier au général ("tous ceux qui ont fumé de la marijuana consommeront un jour des drogues dures"), ou du particulier au particulier ("si ce n'est toi, c'est donc ton frère").

Dans tout exemple d'induction (généralisation), nous avons une assertion générale reposant sur un groupe d'exemples particuliers. Le nombre d'exemples, de faits observés ou avérés, peut varier, mais il doit être au moins égal à deux.

Le nombre d'inductions parfaites que nous réalisons est relativement restreint. Une induction est parfaite seulement quand il est possible de vérifier que ce que la proposition affirme est valide dans tous les cas d'observations. On pourra donc s'appuyer sur cette définition pour montrer que la généralisation d'un exemple n'est pas valide.

"Tous les politiciens sont des menteurs"
est un exemple d'induction imparfaite. Même la proposition "la loi de la gravitation est universelle" est une induction imparfaite (elle n'est ni fallacieuse ni inexacte, mais sa validité n'a pas été examinée dans son ensemble : nous n'en sommes donc pas, logiquement, absolument certains).
 

Analogie


C'est une sous-variété de l'induction.

Elle s'établit sur la base d'une comparaison ou d'une similarité. L'argument le plus commun dans le discours ordinaire est l'assertion selon laquelle telle ou telle chose doit être vraie parce qu'elle est semblable à telle chose reconnue comme vraie.

L'analogie repose sur la théorie selon laquelle un certain degré de ressemblance entre deux choses implique un degré encore plus avancé de ressemblance. Elle ne fournit jamais de preuve au sens strict, seulement une probabilité : "comparaison n'est pas raison".


Déduction


La déduction est une méthode de raisonnement par laquelle les propositions sont établies non par une observation directe des faits, mais par référence à des propositions déjà établies.

   1.    Lassie est un chien.
   2.    Tous les chiens sont des animaux.
   3.    Donc, Lassie est un animal.


La déduction part donc du général (cité dans la première proposition) pour aller vers le particulier.


Les syllogismes


Le syllogisme catégorique


C'est un système logique constitué de trois propositions telles que l'une d'elles est impliquée par les deux autres. Selon l'ordre dans lequel elles apparaissent habituellement, ces trois parties sont :

- la prémisse majeure
- la prémisse mineure
- la conclusion.

   1.    Tous les hommes sont des êtres rationnels    (majeure)
   2.  Or Socrate est un homme    (mineure)
   3.  Donc Socrate est un être rationnel    (conclusion)


Ces trois propositions contiennent toujours, au total, trois termes (dans le cas présent, les hommes, les êtres rationnels, et Socrate) :

- un terme majeur
- un terme mineur
- un terme médian.

Le terme médian peut être identifié sachant qu'il est présent dans les deux prémisses et pas dans la conclusion (ici, il s'agit des hommes). "Les hommes" est le terme médian, "les êtres rationnels" le terme majeur et "Socrate" le terme mineur.


Règles formelles du syllogisme


1)  Un syllogisme est composé de trois et seulement trois termes. La raison de cette règle est la présence du terme médian.

   1. Toutes les personnes qui étudient sont des étudiants.
   2. Henri est une personne qui fréquente le collège
   3. Donc Henri est un étudiant.


Nous avons ici quatre termes: "les personnes qui étudient," "les étudiants," "Henri," et "les personnes qui fréquentent le collège".

Il n'existe aucun terme reliant "Henri" et la classe "étudiants". Pour en faire un syllogisme valide, le nombre de termes doit être réduit à trois :

   1. Toutes les personnes qui fréquentent le collège sont des étudiants.
   2. Henri est une personne qui fréquente le collège
   3. Donc Henri est un étudiant.



2) Le terme médian doit être présent dans au moins une des prémisses, en particulier celui dans lequel on affirme ou nie quelque chose sur l'ensemble entier dont le terme médian dépend. On parle de terme distribué.

"Tous les Irlandais sont courageux"
: nous savons que la classe entière des Irlandais est constituée de gens courageux.

"Quelques hommes sont des êtres rationnels"
ne possède pas de terme distribué, nous ne savons rien en ce qui concerne tous les hommes ou tous les êtres rationnels.

Tant que le terme médian n'est pas distribué dans une des prémisses, il est impossible d'établir une relation entre les 2 autres termes :

   1. Certains de mes amis sont des écrivains
   2. Certains écrivains sont des hommes célèbres
   3. Donc certains de mes amis sont des gens célèbres.

Le terme médian est "écrivains", mais aucune prémisse de ce terme n'est distribuée, ou utilisée universellement, car aucune prémisse ne dit quoi que ce soit à propos de tous les écrivains.

L'ERREUR PROVOQUEE PAR UN TERME NON DISTRIBUE EST RESPONSABLE DE PLUS DE FAUTES DE RAISONNEMENT QU'EN GENERENT TOUTES LES AUTRES ERREURS FORMELLES.


3) Aucun terme ne peut être distribué dans la conclusion s'il n'a pas été distribué au moins une fois dans une des prémisses.

Un syllogisme ne peut rien affirmer dans la conclusion qui n'ait été impliqué dans une des prémisses. Les termes apparaissant dans ce type de conclusions sont appelés termes illicites
 
   1. Tous les menteurs sont des lâches
   2. Aucun gentleman n'est menteur
   3. Donc aucun gentleman n'est un lâche.


L'erreur provient du fait que le terme "lâche" est distribué dans la conclusion mais n'est pas distribué dans la prémisse où il apparaît.


4) Quatre règles mineures du syllogisme :

    - A partir de deux prémisses particulières, aucune conclusion n'est possible.
    - A partir de deux prémisses négatives, aucune conclusion n'est possible.
    - Si une des prémisses est négative, la conclusion doit être négative.
    - Si une des prémisses est particulière, la conclusion doit être particulière.


Le syllogisme hypothétique


Le syllogisme hypothétique a comme prémisse majeure une proposition contenant une assertion hypothétique (ou conditionnelle). La formule est souvent exprimée sous la forme :
Si P, alors Q

La prémisse mineur et la conclusion sont, cependant, des propositions catégoriques. La structure du syllogisme complet est donc :

   1. Si P, alors Q
   2. P
   3. Alors Q

   1. S'il ne pleut pas, je sors
   2. Il ne pleut pas
   3. Donc je sors


La prémisse majeure comprend deux assertions, l'antécédent et le conséquent, et la proposition en entier assume une relation d'implication entre les deux. Pour un résultat correct, la prémisse mineure doit confirmer l'antécédent ou nier le conséquent. Alors la conclusion affirmera le conséquent ou, dans le second cas, niera l'antécédent.

   1. S'il ne pleut pas, je sors
   2. Je ne sors pas
   3. Donc il pleut


La théorie du syllogisme hypothétique consiste à dire que la vérité exprimée par l'antécédent implique la vérité exprimée par le conséquent, et de même pour la négation.
L'inverse génère un argument fallacieux.

   1. S'il ne pleut pas, je sors
   2. Il pleut
   3. Donc je ne sors pas

La relation d'implication n'est pas nécessairement symétrique. Bien qu'une cause donnée implique toujours un certain effet, un effet donné n'implique pas toujours une certaine cause, sachant qu'il peut y avoir plusieurs causes pour un seul effet.

Le syllogisme alternatif

La prémisse majeure est une proposition alternative. La prémisse mineure est une proposition catégorique qui accepte ou rejette une des alternatives. Si la prémisse mineure accepte l'une des alternatives, la conclusion doit rejeter l'autre; si elle rejette une alternative, la conclusion doit accepter l'autre.

   1. Lassie est soit un chien, soit un chat.
   2. Lassie est un chien.
   3. Donc, Lassie n'est pas un chat.

1) être certain que les alternatives proposées sont mutuellement exclusives, tel que l'affirmation de l'une implique la négation de l'autre.

2) être certain que toutes les alternatives possibles ont été prises en compte. S'il se trouve que Lassie n'est ni chien ni chat, les deux possibilités s'excluent l'une l'autre. Cependant, s'il était possible que Lassie soit un hybride chien-chat, le syllogisme violerait la seconde règle,  puisque toutes les possibilités n'ont pas été énumérées. Un syllogisme de ce type, dans lequel les choix ne s'excluent pas l'un l'autre, révèle une faute nommée "disjonction imparfaite"; un syllogisme dans lequel tous les choix possibles ne sont pas donnés révèle une faute dite "d'énumération incomplète".

Arguments fallacieux communs

Pétition de principe

La pétition de principe est un raisonnement vicieux qui consiste à tenir pour vrai ce qui fait l'objet même de la question. C'est affirmer dans une des prémisses ce qui est supposé être prouvé dans la conclusion. La conclusion est atteinte sans passer par un processus argumentaire.

   1.  La Bible dit que Dieu existe.
   2.  La Bible a été dictée par Dieu.
   3.  Donc, Dieu existe.

L'argument prouve essentiellement que Dieu existe parce que Dieu existe.

Question complexe

C'est une question fondée sur la présomption que personne ne peut y répondre simplement sans avoir admis quelque chose pouvant être fallacieux.

                   Exemple classique : "Battez-vous encore votre femme ?"

La manière d'exposer le côté fallacieux de la question est de demander si la question peut être divisée en deux parties, de façon à ce que l'on puisse y répondre séparément : ici, il aurait fallu demander au préalable si la personne à qui était adressée la question avait déjà battu sa femme.

Post Hoc, Ergo Propter Hoc
("après ceci, donc à cause de ceci")

Cet argument fallacieux est le postulat qu'un évènement qui survient à la suite d'un autre est nécessairement le résultat du premier. Presque toutes les superstitions reposent sur ce sophisme :

   1. Un chat noir a croisé mon chemin au moment où je traversais la rue
   2. Juste après je suis renversé par une voiture
   3. Donc, voir un chat noir signifie que l'on va avoir un accident.

Prouver le phénomène de cause-à-effet est plus complexe que cela, et requiert un usage précautionneux des règles de l'investigation inductive. L'établissement d'une séquence temporelle n'est pas suffisante ; il doit aussi y avoir un lien causal démontrable.

Hypostatisation

C'est l'erreur consistant à considérer un objet qui a une existence conceptuelle ou imaginaire comme une réalité concrète. Cette erreur se présente dans beaucoup d'arguments commençant par :

     "L'Histoire nous enseigne que...."
     "La Science sait..."
     "La Médecine a trouvé..."


L'hypothèse présente dans ces exposés est que l'Histoire, la Science et la Médecine sont des entités uniques parlant d'une seule voix. En réalité, il y a plusieurs historiens, scientifiques et médecins travaillant dans ces domaines,  qui ne sont pas toujours d'accord sur le sujet en question. Il serait plus exact de dire:

     "Certains historiens nous enseignent que..."
     "Beaucoup de scientifiques croient que..."
     "Des chercheurs en Histoire ont trouvé..."

Argument ad Hominem

Si une personne sent qu'elle est incapable de réfuter la proposition de son adversaire, elle essaiera de s'attaquer à la personnalité de cet adversaire. C'est une manière d'éviter l'issue d'un argument et de lui substituer un autre argument. Par exemple :

     "Nous ne validerons pas le projet de loi contre le tabagisme parce que le Président est lui-même un fumeur."
     "La Relativité doit être une théorie fausse car Einstein était anticonformiste."


L'argument ad personam utilise le même principe : il s'agit d'insulter l'adversaire.
Argument ad Populum


Un orateur ou un écrivain fuit l'issue de la question et la remplace par une autre au sujet de laquelle il sait que les gens sont sensibles : le patriotisme, Dieu, l'égalité raciale, etc. Son but est de jouer sur l'émotion des foules.

Le sorite

Le sorite, appelé aussi polysyllogisme, est un enchaînement d'arguments dont la conclusion reprend un terme du premier argument et du dernier.

"Internet nous rend plus libres. Or la liberté est quelque chose qui nous est dû à la naissance. Si nous ne le savons pas, c'est que nous sommes idiots. Internet est donc bon pour les idiots."

Le sophisme

Appelé également paralogisme, le sophisme est une forme de syllogisme qui semble logique en apparence, mais qui est en fait trompeur car il repose sur les différents sens d'un mot. On arrive ainsi à démontrer une chose et son contraire.

- Tous les hommes sont mes frères
- On ne trahit jamais un frère
- Donc je ne peux trahir personne


Le sophisme est souvent utilisé par les personnes qui pratiquent la manipulation (qui cherchent donc à induire en erreur).

Le Dilemme

Le dilemme est une alternative du type : "Si je critique le travail qu'on me donne, je perds mon job. Mais si je n'émets aucune critique, je le perds aussi, parce que je ne supporte pas de travailler comme ça et je finirai par quitter la société".

La prémisse majeure est composé de deux propositions hypothétiques (commençant par "si..." et appelés alternatives), alors que la prémisse mineure et la conclusion sont des propositions disjonctives. Les deux alternatives entraînent des conséquences déplaisantes. Si c'est un vrai dilemme, on sera forcément touché par l'une des alternatives, parce qu'on devra choisir l'une d'entre elles.

Il existe deux façons de rejeter un dilemme :

a.   "S'emparer d'une des alternatives" :
accepter une des alternatives mais nier le raisonnement causal qu'elle implique. Dans ce cas, ce serait le châtier malgré le fait qu'il soit bon. On tente de réfuter la relation de cause à effet impliquée par les propositions de la prémisse majeure.

b. "Fuir les alternatives" :
on tente de montrer que toutes les alternatives n'ont pas été dénombrées. Il doit y avoir une troisième voie, une solution intermédiaire, qui n'aurait pas les conséquences déplaisantes des deux autres.

Un dilemme auquel on peut répondre par l'un de ces deux raisonnements est un faux dilemme.

L'enthymème

Les arguments apparaissent souvent avec l'une des trois propositions omise ou supprimée, pour éviter la lourdeur des syllogismes. Un argument déductif de ce type est appelé un enthymème. La proposition manquante peut être la prémisse majeure, mineure, ou la conclusion. Dans chaque exemple, celui à qui s'adresse l'argument est supposé fournir la proposition manquante.

- "Je pense, donc je suis."

- "Chirac fera un bon président, parce qu'il est originaire de la Corrèze."

Nous ne sommes ici en présence que de la prémisse mineure et de la conclusion. La prémisse majeure, "Tous les politiciens de la Corrèze font de bons présidents", a été omise.

- Dans l'enthymème "Seuls les imbéciles utilisent un ordinateur, et tu utilises un ordinateur", c'est la prémisse mineure qui manque ("tu es un imbécile").

Différence entre vérité et validité

La plupart des logiciens utilisent les termes "valide" et "invalide" pour indiquer si l'argument se présente sous une forme correcte. Ces termes s'appliquent à l'ensemble de l'argument et non à chacune de ses propositions. L'argument :
 
   1. Tous les animaux sont carnivores
   2. La vache est un animal
   3. Donc la vache est carnivore


est valide sur le plan de la forme. Cependant, chacun sait que la première prémisse est fausse.

   1. Tous les hommes sont mortels
   2. Le Président est un homme
   3. Donc le Président est mortel.


Autre exemple d'argument invalide : "Il n'y a jamais personne, donc il y a toujours quelqu'un...".
Cet argument ne nous convainc pas seulement, il nous persuade aussi. Un argument complet, en plus d'obéir aux lois de la réflexion, doit incarner quelque chose que nous reconnaissons comme vrai dans son existence. Nous serons influencés par l'argument selon notre estimation de la vérité de l'assertion. L'épichérème est une preuve, un exemple, accompagnant un argument, a priori un prémisse.
Par John Bastardi Daumont - Communauté : Le Monde du Droit
 
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