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Titulaire d'un DEA de sciences criminelles et d'un DESS police, j'exerce au Parquet de Nice en qualité d'assistant de justice pendant deux ans avant de rejoindre l'avocature. Actuellement Secrétaire de la Conférence du Barreau de Nice, je fus représentant des jeunes avocats au Conseil de l'Ordre, et ancien Vice Président de l'Union des Jeunes Avocats.  

Passionné de droit, de littérature et de musique, je parsèmerai ce blog de temps à autre de textes relatifs à des affaires, de billets d'humeurs, ou de recherches juridiques.

Bonne lecture.  

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Jeudi 13 août 2009 4 13 /08 /2009 20:42
- Publié dans : Rebonds - Recommander
                                          

Il est amusant de constater aujourd'hui la dégénérescence de certains termes, et l'utilisation outrancière d'autres. 

Prenons celui de
Mythe, par exemple.

Jadis il désignait la plus haute forme de pensée, clef censée permettre la compréhension du monde métaphysique. Or, dans le langage courant, il est devenu l'évocation de quelque chose d'irréel, d'imaginaire, dont la signification péjorative est encore plus connotée lorsque l'on emploie le terme Mythique pour qualifier le mensonger.

Notre époque devient, progressivement, celle de la désaffection du sens des mots.  

Aujourd'hui,
si l'on utilise le sens primordial du mot athée, toutes les sociétés occidentales européennes le sont.

Car une société devient athée dès lors qu'une religion ne l'organise plus.

C'est dans cette brêche béante que ce sont engouffrés les systèmes politiques idéologiques marquants des trois dernièrs siècles: Les Lumières, le Communisme soviétique, et le National socialisme, en utilisant ce manque pour générer un phénomène de transfert par le biais de rites fédérateurs, leaders charismatiques, et de propagande massive. 

En recréant, de fait, du
"mythe mobilisateur".

Ce qui, cruellement, fait défaut de plus en plus à la notion de droit dans notre société contemporaine, et particulièrement en matière de Droits de l'Homme. 

Chaque fois que l'Occident utilise ce modèle comme drapeau progressiste auprès des autres zones géoculturelles, il se borne à une résistance farouche qui dure, et qui, souvent, le surprend (ex: dernière guerre en Irak), car, aux yeux d'une grande partie de l'Occident, les Droits de L'Homme ont une vocation oeucuménique absolue, c'est Le Modèle Planétaire Idéal. 

Mais comment oser adopter une telle posture lorsque les Etats Démocratiques censés l'appliquer foulent au pied le concept quotidiennement au niveau international (USA (/Irak), ISRAEL (/Palestine), FRANCE (/Pays Africains), pour ne citer qu'eux....), et sur leur propre sol.

En FRANCE, récemment, l'utilisation du mot "Race" par un intellectuel, E.Zemmour, avait provoqué un tollé alors que ce mot est présent dans la Déclaration Universelle des Droits de L'Homme....ou quand l'inculturation attaque de plein fouet la Liberté d'expression.

Les mêmes ferveurs défenseurs des Droits de l'Homme iront ils jusqu'à demander l'abolition du mot Race de la Déclaration qu'ils ne savent plus lire?

Plus encore, et principal Talon d'Achille du Dogme, les Droits de l'Homme souffrent aujourd'hui d'une absence totale de légitimation théorique suprême. 

Dès lors,
l'Idéologie des droits de l'Homme, privée de Leaders qualifiés sémantiquement et dépourvue de Légitimation sacrée, même fictive (absence de totale de Rites Fédérateurs autour de la notion) s'affaiblie, alors que jadis, elle pouvait aider à la genèse du socialisme réformateur, du marxisme, etc....

Aussi, lorsqu'il s'agit de légitimer un conflit sur le plan du droit international en vertu de cette notion, l'action perd, de plus en plus, de son efficacité.

(dernier exemple en date, la guerre en Irak. Exemple encore plus récent, l'attaque sur la Bande de Gaza. Exemple à venir, auquel tous les jours, les médias occidentaux nous préparent: la guerre en Iran).


La puissance de l'action s'affaiblit car même si la puissance s'appuie sur des ressources matérielles, elle reste néanmoins indépendante d'elle, et fermement liée à la notion de
Commandement. 

Pour citer Freund (l'essence du Politique) = "
la puissance est à un degré étonnamment indépendant des facteurs matériels, nombres et ressources. Un groupe relativement peu nombreux mais bien organisé peut dominer presque indéfiniment de vastes empires populeux et il n'est pas rare dans l'Histoire que de petits pays pauvres l'emportent sur de grandes et riches nations".

Exemple contemporain = l'Afghanistan.

"Le commandement consiste en la relation hiérarchique qui s'établit au sein d'un groupe par la puissance qu'une volonté particulière exerce sur d'autres volontés particulières et façonne par là la cohésion du groupe".

Car, aucune société humaine ne s'organise par elle même, il faut l'intervention d'une volonté individuelle supérieure. 

Continuons l'analyse de Freund, fort pertinente:

"Toutefois l'autorité du commandement ne se mesure pas seulement à la capacité de fortifier ou de maintenir la cohésion au sein du groupement dont il est responsable, mais aussi à l'habileté à semer la discorde chez les adversaires, à les mettre dans l'embarras où en position d'infériorité. Autrement dit, si le Commandement est une puissance d'organisation vers le dedans, il est puissance de désorganisation vers le dehors". 

Si la Société Occidentale moderne -et particulièrement l'Europe- se heurte à cet absence de Commandement dans l'application de la théorie des droits de l'Homme, elle risque fortement d'en pâtir dans les décennies qui viennent. 

En effet, à mon sens, cette société est devenue un agrégat d'intérêts individuels de nature égoïste et quasi mécanique. En outre, ce consummérisme totalitaire a conduit l'individu à (sauf communautarisme, qui fissure un groupe, quelqu'il soit) oublier son passé affectif et historique. 

Le tout, et cela est beaucoup plus grave encore, en ayant calqué sa conception du temps sur celle des Etats Unis (trés court terme, vision basé sur un positivisme exacerbé autour de la notion de real politic, voir à ce sujet les études comparatives de Kissinger sur la notion de temps selon les civilisations).

Conséquence = la Société Occidentale Européenne ne possède plus de projet à long terme

Mais, reste son Socle = une religion laïque, les Droits de l'Homme. 

Pour Lucien Sfez,
"couverture idéologique et point de référence en dernière instance, la revendication de 1789 est devenue une substance immobile: l'homme humain. Il a à la fois valeur universelle et sacrée. Il fait office de sacrement puisque rien ne se fait dans le monde sans son signe: disons le, c'est un dogme".

Tout comme Michel Foucault le remarque: l'homme est une invention dont l'archéologie de notre pensée nous donne aisément la date récente.

"Tous les hommes sont égaux en tant que créés par un même Dieu et un Dieu unique....Si Dieu a créé un homme unique, c'est pour que l'on ne puisse penser qu'il y aient plusieurs Dieux. L"unicité de l'homme témoigne donc de l'unicité de Dieu." selon Eisenberg J. et Abecassis A. (à Bible ouverte, Albin Michel, 1978)

Or, si le fondement affiché et logique de 1789 est judéo chrétien, l'autre logique européenne, pré chrétienne, s'est constamment exprimée dans la culture, la philosophie, et l'art européen, malgrè la censure qui pesa sur elle depuis 2000 ans = la tradition indo européenne. 

Son idée essentielle dans le polythéisme repose sur la notion que toute richesse véritable repose sur la diversité. Et que la diversité du monde est dépendante du fait que chaque peuple, chaque culture, a ses propres normes. 

C'est aujourd'hui l'inverse qui se produit, politiquement. Le christianisme rejette le sacré dans un supra monde, s'en affranchi, oubliant que le Sacré repose dans l'Etre et non ailleurs, et
sur le plan juridique, on arrive à l'instauration de Lois, de Dogmes Laiques qui se voudraient intemporels, universels, et absolus, pour tous les peuples de la planète. 

Grave erreur, car si l'engagement légitime pouvait se réaliser il y a encore une centaine d'années sur ce type de notions déjà idéologiquement bancales, les conflits récents ont démontré au Monde, au Citoyen Occidental, à ce Dieu Vivant sur Terre dans son appartement, zappant tel un robot une propagande faite à sa mesure, que l'Idéologie des Droits de L'Homme fut souvent utilisée comme PRETEXTE pour des conflits à but, essentiellement, économiques. 


Georges BUSH, à ce titre, si l'on applique la morale galvaudée des droits de l'Homme, comparaîtra certainement un jour devant le Tribunal des morts tombés pour ce qu'il a appelé une "erreur". 

Quid des Leaders actuels et des décisions qu'ils prendront dans les prochains mois ?

Ce qui est certain à mes yeux, c'est qu'ils ont déjà assez ouvert aux personnes y réflechissant la possibilité de générer du renouveau Idéologique, car notre génération connaîtra la fin d'un Cycle.






 
Par John Bastardi Daumont - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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